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Maïlys Genouel



"...elle a mené de bout en bout une comparaison internationale entre le Québec et la France. Bien entendu, elle a réalisé cette approche comparative en tant que Française, mais l'effort concédé est de même ampleur au Québec et en France. Quantitativement et qualitativement, le matériau collecté est semblable en France et au Québec. Alors que M. Genouel n'était pas spécialisée en géographie des cours d'eau, elle s'est formée intensivement pour être opérationnelle rapidement. Dès sa première année de thèse, elle était sur le terrain canadien et bouclait son premier corpus d'entretiens auprès des scientifiques.
Si cette thèse a pu être préparée en quatre ans, c'est parce que M. Genouel a de très belles qualités. En particulier, elle prépare très bien son terrain. Quand elle est partie au Québec, elle savait ce qu'elle allait y faire, quelles personnes elle voulait interroger et quels types de quartiers elle cherchait à enquêter. ...M. Genouel a été très efficace sur le terrain. Y. -F. Le Lay est impressionné par les 128 entretiens semi-directifs enregistrés - et c'est sans compter toutes les interactions sociales non enregistrées, moins cadrées, mais souvent riches
d'enseignements...
"




THESE

(Re)connaître et vivre avec les pollutions causées par les inondations urbaines en France et au Québec.

Résumé

Cette thèse aborde la pollution, définie comme une matière qui n'est pas à sa place, dans le prolongement des travaux de Mary Douglas et des discard studies. Elle est pensée à l'interface entre deux risques, les inondations et les pollutions, dans un double contexte de changements environnementaux et d'urbanisation. L'objectif est de comprendre dans quelle mesure les matières déplacées par les inondations hors des réseaux métaboliques urbains sont envisagées comme un problème social. Il s'agit de questionner les contours de ces pollutions, de mieux comprendre leur anticipation et leur gestion, tout en considérant la façon dont les populations sinistrées « vivent avec ». Une approche comparative entre la France et le Québec a été adoptée, en portant la focale sur les villes récemment inondées de Québec et de Marseille ainsi que sur huit communes de la région montréalaise et de la région parisienne. 128 entretiens ont été menés auprès de scientifiques, de gestionnaires et de personnes sinistrées. Plus de 1 600 articles issus de la presse et 98 photographies ont été collectés. Ces données ont été analysées avec des méthodes mixtes. Les résultats mettent en lumière une diversité de pollutions causées par les inondations, même si cet enjeu reste peu publicisé. D'une part, les scientifiques et les gestionnaires expliquent comment la gestion des pollutions par les acteurs publics est réalisée dans l'urgence, sans être intégrée à des politiques en lien avec l'aménagement ou les risques d'inondation. D'autre part, les sinistrés décrivent avec émotion les conséquences des pollutions, alors que la charge de ce « commun négatif » leur revient, entraînant alors des injustices environnementales. Ces pollutions peuvent être tantôt ignorées tantôt utilisées, au nom de la résilience, pour maintenir un métabolisme urbain identique à celui présent avant la catastrophe. Le rôle de ce dernier dans la production de pollutions comme dans l'intensification des changements environnementaux n'est pas remis en question.

Mots clés

Résilience, Discard studies, Métabolisme urbain, Urban political ecology, Problème social.

Directeurs de thèse

Emeline Comby (EVS), Yves-François Le Lay (EVS) 

Ecole doctorale

ED 483 Sciences Sociales

Unité d'accueil

UMR 5600 EVS, UMR 5509 LMFA, INRAE RiverLy

Date de soutenance

9 octobre 2025

Langue de soutenance

Français

Membres du jury de thèse

  • Sylvie CLARIMONT, Professeure des universités, Université de Pau et des Pays de l'Adour, Rapporteure
  • Denis MARTOUZET, Professeur des universités, Université de Tours, Rapporteur
  • Emeline COMBY, Maîtresse de conférences, Université Lumière Lyon 2, Directrice de thèse
  • Yves-Francois LE LAY, Professeur des universités, ENS de Lyon, Directeur de thèse
  • Marie-Anne GERMAINE, Professeure des universités, Université Paris Nanterre, Examinatrice
  • Pascale BIRON, Professeure, Université Concordia, Examinatrice
  • Philippe GACHON, Professeur, Université du Québec à Montréal, Examinateur