Vous êtes ici : Accueil > Recherche > Boosters H2O'Lyon

Boosters H2O'Lyon

Pollutions causées par les inondations urbaines

Contexte

1,4 milliard de personnes dans le monde sont exposées au risque d’inondation en en faisant un des principaux risques naturels à l’échelle planétaire. La préoccupation sur ces phénomènes est d’autant plus grande du fait de l’intensification et l’augmentation des aléas climatiques extrêmes bien identifiés par le sixième rapport du GIEC (2021).

En contexte urbain les inondations sont un phénomène particulièrement dramatique du fait de la diversité et du nombre des enjeux urbains (densité des populations et activités, vulnérabilités sociales et techniques, matérialité urbaine etc.). Les projections démographiques annonçant que deux tiers de la population mondiale sera en contexte urbain d’ici 2050 (Nations Unies, 2019) renforce la nécessité d’étudier et de mieux comprendre ces phénomènes.

Jusqu'à présent, les principaux risques étudiés dans le cadre des inondations urbaines concernent (1) le transport des personnes ou matériels par les eaux, (2) les perturbations des réseaux (transport, approvisionnement etc.) et (3) les difficultés de représentation pour les populations des effets dominos d’une catastrophe naturelle.

Notre booster s’intéresse à un risque additionnel ayant été très peu étudié : la dispersion de polluants. Les contaminations peuvent arriver par débordement du réseau d’assainissement, par transport par les eaux de déversements accidentels (camions, cuves etc.) ou par lessivage. Les polluants peuvent alors être transportés, dispersés dans les rues et /ou se déposer dans certains bâtiments.

Questions scientifiques et approches de recherche

Ce booster utilise des approches en sciences humaines et en sciences de l’ingénieur pour apporter des éléments de réponses à deux questions :

1/ Comment les potentielles pollutions sont appréhendées comme un problème par les sociétés ?
Thèse de Maïlys Genouel (EVS) 2021-2024

 

  • Est-ce que les pollutions liées aux inondations urbaines sont un problème social ou public ?
Si oui pour quels collectifs d’acteurs et d’actrices ? (Scientifiques, autorités locales, gestionnaires, personnes exposées, médias …)
  • Quels sont les dysfonctionnements et les adaptations observés à l’échelle des quartiers ?
Cerner la diversité des « faire-avec » avant et pendant l’inondation.
Comprendre dans quelle mesure des solutions d’adaptation, de contournement, de protection, mais également de fuite reposent sur des individus.
Une comparaison entre les discours en France et au Québec sera réalisée pour apporter des éléments de compréhension.

2/ 
Comment se dispersent les polluants lors de débordements du réseau d’assainissement ou par déversement locaux ?
Thèse de Clément Fagour (INRAE de Lyon, LMFA) 2021-2024
  • Quels sont les processus physiques responsables de la dispersion d'une pollution en contexte urbain ?

Pour cela, la maquette MURI (Modèle Urbain pour l'étude du Risque d'Inondation) du laboratoire d'hydraulique et d'hydro-morphologie (HHlab) d'INRAE Lyon sera utilisée. Cette maquette reproduit des écoulements typiques de réseaux de rues inondées avec la possibilité d’ajouter des rejets de polluants à différents endroits de la ville.

  • Quelles sont les capacités des outils numériques opérationnels de gestion des inondations à reproduire ces dispersions ?


Partenaires

Equipe scientifique :

  • Emmanuel Mignot (LMFA, INSA de Lyon)
  • Sébastien Proust (Riverly – INRAE de Lyon)
  • Emeline Comby (EVS – Université Lyon 2)
  • Yves-François Le Lay (EVS - ENS)

Partenaires internationaux :

  • Benjamin Dewals (Université de Liège)
  • Catherine Trudelle (Université du Québec à Montréal)

Autres partenaires :

  • Co-financement des thèses par l’Ecole Urbaine de Lyon
  • Réseau Inondations InterSectoriel du Québec
  • ARTELIA

Apport de l'interdisciplinarité


La mise en place de deux thèses de doctorat en parallèle, l'une en science pour l'Ingénieur (Clément Fagour) et l'autre en sciences sociales (Maïlys Genouel) permet des constants allers-retours entre d'une part l'identification de l'état des connaissances sur les événements passés et sur les pratiques de gestion de ces pollutions et d'autre part l'identification des processus de dispersion dans les villes inondées.

Cette stratégie de recherche en parallèle sur le même sujet par deux approches très différentes offre un potentiel d'efficacité accru, avec en particulier, un croisement des échelles sur la période des deux thèses (de l'échelle de la ville à l'échelle du bloc de bâti ou de la rue pour l'approche géographique ; de l'échelle du bloc à l'échelle du quartier de ville pour l'approche de modélisation expérimentale et numérique).

Pour en savoir plus sur ce projet retrouvez le travail de Clément et Maïlys dans la rubrique poster !